Chaque technique constructive (pisé, bauge, torchis, adobe…) et chaque type d’enduit nécessite des qualités et des dosages particuliers pour chacun des constituants : argile, sable, fibres végétales, graviers…

Le pisé : les murs en pisé se montent par tassement (avec un pilon de bois ou un marteau pneumatique) entre des banches (coffrage) d’un mélange de terre, de sable, éventuellement de gravier. Comme tous les murs en terre, le mur en pisé doit être pourvu de bonnes bottes (soubassement qui évite les éclaboussures et les remontées d’eau par capillarité) et d’un bon chapeau (avancées de toiture protégeant bien de la pluie). Les murs de pisé ne doivent jamais être recouverts d’enduits non poreux à base de ciment ou contenant des résines synthétiques : l’humidité ne pourrait plus s’évaporer et le mur risquerait de graves dommages. N’utiliser que des enduits terre ou à la chaux.

– Les briques de terre crue : la technique ancestrale des briques d’adobe moulées à la main et séchées au soleil est remplacée par l’utilisation de presses (manuelles ou mécaniques) avec ou sans adjonction d’une faible proportion de liant (chaux, ciment) ou de fibres (paille…). Les briques de terre crue peuvent être très décoratives et elles sont surtout appréciées pour apporter de l’inertie dans les maisons qui en manquent (maisons bois avec murs composites et isolant). Par exemple avec un mur de refend contre lequel on installe le poêle.

Les techniques constructives anciennes : la bauge (terre crue mélangée à des fibres et empilée sans banchage) est aujourd’hui confidentielle mais encore utilisée en réhabilitation dans certaines régions ; en ce qui concerne le torchis-colombage, aussi appelé terre-paille, il est de nouveau utilisé en Allemagne et dans certaines régions françaises. Il s’agit de végétaux souples et fins (paille) mélangés à de de la terre argileuse. Ce mélange forme une torche que l’on enroule ou que l’on tisse autour de lattes de bois, coincées ensuite dans une structure de bois porteuse. Cette technique de construction possède de nombreux avantages : elle a un très faible impact environnemental, fait preuve d’une grande efficacité thermique et est utilisée depuis des temps immémoriaux. Sa fiabilité est donc garantie par l’histoire. Pour cela, on peut prédire au terre-paille un bel avenir même s’il n’est pas encore reconnu à titre officiel.

Les enduits terre

Dans les régions où elles se prêtaient à la construction, on utilisait autrefois les terres locales pour réaliser des enduits intérieurs peu coûteux, chaleureux et durables. Une démarche avec laquelle renouent les autoconstructeurs, notamment ceux qui construisent en paille ou en chanvre, matériaux qui permettent une excellente accroche pour ce type d’enduits. Le bon dosage entre sables fins et argiles nécessite des essais préalables afin d’éviter à la fois les fissurations (trop d’argile) et le farinage (pas assez). L’adjonction de fibres végétales, de brins de paille (d’orge ou de lin) et parfois de cellulose donne une texture plus uniforme et améliore la fixation en surface. Les couleurs sont les teintes naturelles des argiles, sans aucun pigment ajouté. Les enduits sont donc teintés dans la masse et, pour peu que l’on utilise les mêmes mélanges, on peut faire des réparations sans différence de couleur visible, même quelques années après, car les argiles sont insensibles aux rayons ultraviolets.

Mais les artisans, eux, réclament des produits standardisés, prêts à l’emploi, dotés d’agréments techniques, avec une garantie de résultat. D’où le développement récent de gammes d’enduits terre superbes adaptés à de nombreux supports et désormais présents chez de nombreux distributeurs spécialisés en habitat écologique.